La musique qui venait du froid

Le changement climatique est une des grosses préoccupations de notre temps. Mais ce que personne ne dit, c’est que cela aura des conséquences sur la qualité de la musique.

Car toutes choses étant égales par ailleurs, les basses températures semblent favoriser la bonne musique. Comment expliquer autrement le succès de ces musiciens qui viennent du froid ?

Mais au fait, qu’est-ce qui fait le charme des artistes Scandinaves comme Björk, The Cardigans, Sigur Ròs, Royksopp ou encore Lykke Li ?

Déjà leurs mélodies sont toujours  bien ficelées et hyper efficaces. Il y a un côté expérimental et sophistiqué dans les arrangements. Et mis à part le chanteur de A-ha, ils chantent tous dans un anglais parfait.

L’autre point commun est plus subtil. Observez bien les musiciens « scandinaves ». Vous ne trouvez pas qu’il y a quelque chose qui cloche chez eux ?

Prenez Jonsi, le chanteur-guitariste des Sigur Ròs. Moi il me fait flipper. Si demain, il y un remake de « Vol au dessus d’un nid de coucou », direct on pense à lui pour le casting. Et pour ne rien arranger, il chante en Volenska.  Jamais entendu parler ? Normal, c’est une langue qu’il a lui-même inventée.

jonsi

Et Björk ? Je crois qu’il n’y a pas besoin de faire un dessin….

Björk

Et l’ami Jay-Jay, pas mal dans son genre lui aussi.

Jay-jay

Et ce n’est pas juste une question d’apparence. Lykke Li parait tout à fait normale au premier abord. Mais sa musique et ses textes, c’est vraiment un univers d’écorché vif.  Vous avez une idée de l’enfance qu’il faut subir pour chanter de cette manière ?

 

Et Nina Persson des Cardigans ? Vous avez fait attention à ses paroles ? Que faut-il avoir vécu pour écrire des choses aussi tristes ?

Et je ne suis pas le seul à le penser. Je cite un article du Guardian parlant de l’album Long gone before daylight :

There might have been a sadder record made this century, but I’m at pains to think what it is.

« Il y a surement eu un disque plus triste durant ce siècle, mais j’ai du mal à trouver lequel. »

Au final, le constat est clair. Les artistes qui viennent du froid sont des freaks. Ils ont tous quelque chose d’unique, de personnel. Ils ne ressemblent à personne d’autres, ils font leur truc à eux et c’est là l’essence même de l’expression artistique. Même un groupe d’un seul tube comme Aqua avec Barbie Girl, a plus de légitimité et d’authenticité que 20 vainqueurs de la nouvelle Star.

Et tout cela, j’en suis convaincu, c’est une question de climat. Lorsqu’on passe sa vie en Anorak, on peut pas draguer comme à Ibiza. On n’est pas dans la séduction permanente. La seule facon de plaire dans une doudoune, c’est d’être soi-même, de cultiver sa singularité. Pour quelqu’un qui veut faire de la musique, ça vaut son poids en hareng fumé.

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